Georg Baselitz

Originaire de Saxe, Georg Baselitz naît en 1938 sous le nom de Hans-Georg Kern. Il grandit dans un environnement scolaire, la famille étant installée dans les locaux de l’école où le père enseigne. Enfant, Georg Baseltiz passe beaucoup de temps dans la bibliothèque de cette école, il s’émerveille devant les albums de dessins et développe une passion pour l’art. À 15 ans déjà, il peint des portraits, des scènes religieuses, des natures mortes ainsi que des paysages. En 1956, il est admis à l’École des Arts Plastiques et des Arts Appliqués de Berlin-Est, mais n’y restera que quelques mois avant de se faire expulser pour mauvais comportement sociopolitique. Il intègre alors l’École des Beaux-Arts de Berlin Ouest à Charlottenburg. Durant cette période, il découvre les théories de Wassily Kandinsky et de Kasimir Malevitch, la peinture américaine de Pollock et De Kooning, mais aussi l’art de Chaïm Soutine et de Marcel Duchamp. Toutes ces confrontations le poussent à poursuivre son développement artistique seul, chez lui. Il quitte alors l’atelier des Beaux-Arts.

La première exposition personnelle de Baselitz à la galerie Werner & Katz de Berlin en 1963 provoque un tollé. Deux de ses œuvres sont saisies par la justice, et sont le sujet d’un procès pour atteinte à l’ordre public. Des images de guerre, des hommes dépareillés aux vêtements déchiquetés, des pieds et des mains sectionnés ou encore des images de masturbation sont au cœur de ses œuvres et représentés de façon volontairement grossière. Il obtient une bourse en 1965 qui lui permet de s’installer à Florence pendant six mois afin de perfectionner son apprentissage. Lors de ce séjour, il réalise ses « bouts d’animaux ». Tandis qu’à son retour, il se concentre plutôt sur les grands formats. Sa production est alors caractérisée par une peinture morcelée, recollée et assemblée en désordre.

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À travers sa production artistique, Baselitz déconstruit la matière afin de faire émerger une nouvelle forme de vie. L’artiste détourne les formes et les volumes, il morcelle ses compositions par sa façon d’agencer les couleurs et les matériaux, en explorant toutes les possibilités de leurs textures. Il renouvelle l’expressionnisme allemand et trouve dans ce courant la clé de son interprétation de l’identité allemande. Associé à des influences directes du primitivisme, ce néo-expressionnisme peut être interprété comme la représentation directe d’un peuple déchiré par la guerre. Progressivement, son œuvre est reconnue, et ce, malgré son excentricité. La Kunsthalle de Mannheim expose ses peintures et dessins en 1972, il participe à la documenta 5 de Kassel, la galerie Heiner Friedrich commercialise ses sérigraphies et en 1975, il expose à la Biennale de Sao Paulo. En 1980, il participe à la Biennale de Venise et est représenté dans l’exposition « A New Spirit in Painting » de la Royal Academy de Londres. Il est alors reconnu comme l’une des figures de proue de la peinture allemande et du néo-expressionnisme allemand. En 1995, il expose au musée Guggenheim de New-York. Plus récemment, en 2007, la Royal Academy de Londres lui consacre une importante rétrospective.En 2013-2014, le Musée d’art Moderne de Paris expose son œuvre sculptée. En 2018, à l’occasion de son 80e anniversaire, la fondation Beyeler présente une vaste exposition retraçant toutes les périodes et tous les aspects de son œuvre, illustrant pleinement toute l’envergure de cet artiste qui est incontestablement l’un des plus excentriques du XXe siècle.
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