Jules Pascin

Julius Mordecai Pincas est issu d’une famille cossue de négociants et de banquiers établis à Bucarest. Mis au ban par ces derniers lorsqu’ils apprennent sa volonté d’embrasser une carrière artistique d’une part, et d’autre part sa liaison avec la tenancière d’une maison close (qui d’ailleurs ne manquera pas d’inspirer durablement son œuvre) il se voit obligé de changer de nom et s’appelle désormais Jules Pascin.

Après une formation itinérante en Europe de l’Est, il s’installe à Paris, où il devient rapidement le « Prince du Montparnasse ». Il y poursuit son travail de caricaturiste et d’illustrateur tout en se liant avec les artistes de l’avant-garde du Montparnasse et de Montmartre. Parmi eux Foujita, Van Dongen, Derain ou encore Matisse.

Lorsque la France entre en guerre en 1914, il est obligé de s’exiler aux Etats-Unis, sa nationalité faisant de lui un ennemi. Il parcourt l’Amérique en tous sens, de la Nouvelle Orléans jusqu’à Cuba. Après l’Armistice et son retour à Paris, il poursuit ses voyages en Algérie en Tunisie puis en Italie, en Espagne et au Portugal.

De ces périples, il rapporte des carnets de croquis, érotiques pour une grande partie d’entre eux. Ces derniers, s’ils avaient fait scandale outre-Atlantique, sont reçus par la critique française : «Pourquoi, dit-il, une femme est-elle considérée comme moins obscène de dos que de face, pourquoi une paire de seins, un nombril, un pubis sont-ils de nos jours encore considérés comme impudiques, d’où vient cette censure, cette hypocrisie? De la religion? ». Pascin est de tous les bals, toutes les fêtes et tous les banquets parisiens; il n’a jamais cessé de fréquenter les maisons closes montmartroises dont les «filles» sont le sujet de ses œuvres au même titre que sa femme Hermine David ou sa maîtresse Lucy Krogh.

A l’heure où la figuration se voit questionnée par les cubistes, les abstraits ou les surréalistes, Pascin sombre dans les affres de l’alcool et surtout du doute au point de suicider à 45 ans, dans son appartement du boulevard de Clichy. Ses funérailles sont un jour de deuil pour le monde artistique parisien.

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