Suzanne Valadon

Marie-Clémentine Valade, plus connue sous le nom de Suzanne Valadon, est née en 1865. En 1970, elle arrive à Paris avec sa mère, blanchisseuse, et emménage dans le quartier de Montmartre. Le père de Valadon étant absent, sa mère doit cumuler les petits boulots afin de joindre les deux bouts. Elle n’a donc pas réellement de temps à consacrer à sa fille, qu’elle finit par confier à un monastère à Montmartre. La jeune fille suit tout de même des cours dans une école religieuse qu’elle quitte rapidement. Elle aussi multiplie les petits emplois et tente de réaliser son rêve : devenir acrobate. Malheureusement, elle subit des blessures graves à la suite d’une chute qui mettra fin de manière précoce à sa carrière. A cette époque, l’artiste dessine déjà en guise de divertissement. Elle commença réellement à découvrir cet art à partir du moment où elle posa pour des grands artistes, ce qui lui a permis de les observer. C’est grâce à sa mère qu’elle rencontre le peintre Puvis de Chavannes, à qui elle repassait son linge. A partir de 1880, Valadon posa pour lui, puis pour Toulouse-Lautrec, Jean-Jacques Henner et Renoir, avec qui elle entretient une relation amoureuse. C’est un moyen pour elle de gagner sa vie. Elle fréquente également le milieu de la Bohème parisienne et fait la rencontre de nombreux partenaires. Agée de 18 ans, elle donne naissance à son fils, de père inconnu, et futur célèbre artiste : Maurice Utrillo (1883 – 1955). C’est à partir de ce moment qu’elle va commencer à réellement pratiquer le dessin et plus tard la peinture. Toulouse-Lautrec, ami et amant, découvre le talent de l’artiste et lui conseille de montrer ses créations à Degas, qui devient son maître et mécène. Tout comme lui, elle effectuera de nombreux portraits, qui deviendra son format de prédilection. Sa vie mouvementée lui donne que peu de temps et de moyens à consacrer à son fils, qu’elle confie à sa mère. En 1992, Valadon épouse Paul Mousis qui lui apporte une stabilité financière, lui permettant de se consacre à son art. Elle commence également à exposer. Les critiques sont bonnes, mais elle ne vend pas assez pour en vivre. Elle essaye de transmettre la passion de la peinture à son fils qui souffre d’alcoolisme et de mélancolie profonde. En 1914, Valadon quitte son mari et épouse le cher ami de son fils : André Utter. Tous les trois forme un célèbre trio maudit. Elle interrompt la pratique de la peinture lors de la Première Guerre Mondiale. La vente des œuvres d’Utrillo, qui atteignent des prix très forts, permet au trio de vivre de manière aisée. Les ventes de celles de Valadon sont presque inexistantes. Son amitié avec la marchande d’art Berthe Weill aura cependant été un atout solide afin de faire connaître son art. Celle-ci organisa de nombreuses expositions et rétrospectives, notamment une importante en 1932, au profit de l’artiste. A la fin de sa vie, sa production décline. Elle décède finalement en 1938.

L’œuvre de Suzanne Valadon n’a pas connu de grand succès commercial de son vivant. Son talent est cependant reconnu par ses contemporains. Son style est très identifiable :  lignes noires et contours très présents, couleurs vives parfois presque fauve. Elle fût la première femme admise à la Société nationale des Beaux-Arts en 1994 et exposa à de nombreuses reprises, notamment au célèbre Salon d’automne de Paris. L’œuvre de son fils, qui devint également un grand nom de la peinture, a eu tendance à l’éclipser. Ses œuvres ont néanmoins été redécouverte et ont suscité un nouvel intérêt à partir de la fin du XXe siècle. Ses œuvres sont exposées dans les plus grands musées tels que le Metropolitan Museum of Art à New York, ou encore le Musée National d’Art Moderne de Paris. Valadon a aujourd’hui une réelle cote sur le marché de l’art et représente une véritable icône féminine de l’art moderne.

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