Wang Yan Cheng

Considéré comme l’un des piliers actuels de l’art contemporain chinois, Wang Yan Cheng est né en 1960 dans la province du Guangdong et aide ses parents durant des années à travailler dans les mines de charbons. A ses dix-huit ans, il entre à l’Ecole des Arts puis à l’Académie des Beaux-Arts du Shandong où sa famille a déménagé. Il y reçoit un enseignement académique et y est initié à l’art occidental – la plupart de ses professeurs ont effectué des voyages en Europe qui ont marqué leur pratique artistique. En 1989, Wang Yan Cheng participe à la première foire d’art contemporain chinois organisée à Pékin. Cette année est également celle de son premier voyage en France où il réside pendant quelques mois à Saint-Etienne, suivant un cursus d’arts plastiques, avant de monter à Paris. Subsistant grâce à la réalisation et à la vente de portraits, le peintre se nourrit parallèlement de la culture artistique française et plus largement occidentale, étudiant les maîtres que sont Picasso ou Rothko. Remarqué et invité en 1996 à exposer à la fondation Prince Albert II de Monaco, il reçoit le prix Prince-Albert qui consacre son travail et lui donne une visibilité dans le monde de la critique et sur le marché de l’art. 1996 marque un véritable tournant ; Wang Yan Cheng abandonne la peinture figurative, qu’il avait jusqu’alors privilégiée, afin de suivre la voie ouverte par ses compatriotes Zao Wou-Ki et Chu Teh-Chun vers l’abstraction lyrique.

Wang Yan Cheng développe alors un style personnel qui trouve ses sources dans les différents tenants de la peinture abstraite moderne. Si l’influence de Zao Wou-Ki et de Chu Teh-Chun, qu’il rencontre à cette période, est surtout manifeste dans la libération de son geste et du carcan de la figuration, l’expression artistique qu’il développe est différente de ses deux prédécesseurs, cherchant à se départir du monde réel. Sa peinture est en effet éminemment physique et visuelle; l’artiste tente sans cesse de retranscrire sur la toile le dialogue entre l’homme, l’univers et la nature, profondément imprégné par l’art millénaire et la philosophie chinoise. Les titres de ses œuvres, contrairement à ceux de la période tardive de Zao Wou-Ki, révèlent le lien indéfectible qu’entretient l’art de Wang Yan Cheng avec le réel : Composition au vase, Sur les eaux, le soir tombe… L’accumulation de couleurs sur la toile, les contrastes et les harmonies, les vides et les pleins, les reliefs et les surfaces planes, les conglomérats fantastiques créés par le peintre ont souvent poussé les critiques à parler de sa peinture en termes cosmiques, faisant de ses toiles des représentations du « chaos primordial » ou de « trous noirs » vertigineux. La peinture de Wang Yan Cheng se propose d’offrir l’essence des choses, l’intériorité qui se cache derrière les apparences ; pour y accéder, le spectateur se doit de rentrer dans l’œuvre picturale, de décoder le processus créateur de l’artiste par les chemins de la réflexion et de la contemplation.

Réalisant en 2007 une toile pour l’Opéra de Pékin, nommé chevalier puis officier de l’ordre des Arts et des Lettres français, Wang Yan Cheng partage sa vie entre la France et la Chine. Elle est finalement le reflet de son art, procédant d’une maturation savante et réfléchie ainsi que d’échanges entre deux pôles et cultures dont il sait se nourrir afin d’élaborer une production éloquente, originale et singulière.

Créateur génial d’un art de l’émotion et de la sensation, de contrastes matériels et de couleurs, Wang Yan Cheng a su gagner sa place au sein des figures de proue de l’abstraction lyrique contemporaine.

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